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Étude : les sources citées par ChatGPT ne recouvrent le top 10 Google qu'à 4 %

Des chercheurs de Toronto ont comparé les sources citées par GPT-4o, Claude, Gemini et Perplexity aux 10 premiers résultats Google : 4 à 15 % en commun.

· 9 min de lecture

Recouvrement entre le top 10 Google et les sources citées par les moteurs IA, selon l'étude de l'Université de Toronto de 2026

Quatre chercheurs de l'Université de Toronto ont mené une expérience simple. Sur 1 500 questions d'achat, ils ont comparé les sources citées par GPT-4o, Claude, Gemini et Perplexity avec les 10 premiers résultats de Google. Les deux listes se recoupent peu : 4 à 15 % de sources en commun, pas plus. Bien se classer sur Google ne suffit donc presque plus pour être cité par les IA, et cette étude chiffre pour la première fois avec cette précision ce qui fait la différence à la place.

L'étude en quatre chiffres

L'étude tient en quatre constats, chiffrés ci-dessous. Les IA citent surtout des sites absents des 10 premiers résultats de Google, et préfèrent les articles de presse et les sites indépendants aux forums. Elles s'appuient par ailleurs sur des contenus plus récents que Google. Sur les marques connues, enfin, elles mobilisent surtout ce qu'elles ont appris pendant leur entraînement.

  • 4,0 % : c'est ce que les sites cités par GPT-4o et les 10 premiers résultats Google ont en commun, sur les mêmes questions. Gemini : 11,1 %, Claude : 12,6 %, Perplexity : 15,2 %.
  • 46 à 65 % des sources citées par les IA sont des articles de presse ou des sites indépendants, contre 41 % chez Google ; les forums et les réseaux sociaux tombent à 1-8 %, contre 34 % chez Google.
  • 40 à 70 % plus récents : les articles cités par les IA sont nettement plus jeunes que ceux de Google, dans chaque catégorie de produits.
  • 16 % des produits et marques recommandés par le moteur testé ne reposaient sur aucune page trouvée en ligne : le modèle répondait uniquement avec ce qu'il avait appris à l'entraînement.

L'étude s'intitule « Navigating the Shift: A Comparative Analysis of Web Search and Generative AI Response Generation ». Elle est signée Mahe Chen, Xiaoxuan Wang, Kaiwen Chen et Nick Koudas, de l'Université de Toronto, et a été mise en ligne sur arXiv en janvier 2026. Elle porte sur 1 500 questions en anglais, du type « meilleurs smartphones fiables » ou « X ou Y », réparties dans dix familles de produits.

Être premier sur Google suffit-il pour être cité par ChatGPT ?

Non : sur les mêmes questions, les sites cités par GPT-4o et les 10 premiers résultats de Google n'ont que 4 % en commun, contre 11 à 15 % pour Gemini, Claude et Perplexity. Les chercheurs en concluent que les IA ne se contentent pas de reprendre les résultats de Google dans un autre ordre. Elles puisent dans des sources en grande partie différentes.

Ce chiffre confirme ce que les spécialistes du GEO constatent depuis deux ans : la citation par les IA suit ses propres règles. Un site peut arriver en tête sur Google et rester absent des réponses de ChatGPT ou Perplexity. L'inverse se vérifie également, puisqu'un site mal classé sur Google peut devenir la source préférée d'une IA. Être visible sur l'un ne dit donc rien de l'autre : ce sont deux terrains à suivre et à travailler chacun de son côté.

Quelles sources les moteurs IA préfèrent-ils ?

Les IA font une large place aux articles de presse, aux comparateurs et aux sites indépendants. À l'inverse, elles ignorent presque complètement les forums et les réseaux sociaux. La répartition mesurée par l'étude est la suivante :

MoteurPresse et sites indépendantsForums et réseaux sociauxSites officiels de marque
Google (top 10)41 %34 %26 %
Claude65 %1 %—
GPT-4o57 %8 %—
Perplexity50 %—39 %
Gemini46 %—46 %

Deux enseignements se dégagent de ce tableau. Le premier concerne Reddit, souvent présenté comme dominant dans les réponses des IA : l'étude ne le confirme pas, puisque les forums et les réseaux sociaux ne comptent presque pas dans les sources finales. L'essentiel est d'être cité par des sites crédibles, qu'il s'agisse de la presse, de comparateurs ou d'études.

Le second enseignement concerne les sites officiels des marques, qui gardent une place importante. Ils pèsent 46 % des citations de Gemini et 39 % de celles de Perplexity. Lorsque la personne veut acheter (« où acheter », « prix de »), les sites de marque représentent alors 52 à 68 % des citations chez tous les moteurs. Un site de marque conçu pour être cité capte donc directement ces recherches, celles où l'internaute est prêt à passer à l'achat.

Pourquoi la fraîcheur pèse-t-elle autant ?

Les IA recherchent, par construction, des contenus plus récents que Google. L'électronique grand public en donne une bonne illustration, si l'on observe l'âge des articles cités, c'est-à-dire le temps écoulé depuis leur publication. La moitié des articles cités ont moins de 62 jours chez Claude, 80 jours chez GPT-4o et 90 jours chez Perplexity ; chez Google, cette limite monte à 130 jours. Dans l'automobile, l'écart se creuse encore : 148 à 217 jours pour les IA, contre 493 jours pour Google, soit des contenus environ trois fois plus récents.

Google peut faire remonter une page de référence vieille de deux ans, si le site qui l'héberge est jugé fiable. Les IA, elles, cherchent l'information la plus à jour possible, et privilégient les pages publiées ou mises à jour récemment lorsqu'elles interrogent le web. Cela confirme ce que nous expliquions dans notre article sur le rythme de publication. Garder ses pages importantes à jour, avec une date de mise à jour visible et sincère, constitue un critère que les moteurs prennent réellement en compte.

Marques connues, marques de niche : deux jeux très différents

Le résultat le plus surprenant de l'étude tient à l'écart entre marques connues et marques de niche. Pour une marque connue, le classement donné par l'IA vient surtout de ce qu'elle a appris à l'entraînement ; les pages trouvées ne font que le confirmer. Pour une marque peu connue, c'est l'inverse : l'IA dépend vraiment des pages qu'elle trouve, et leur contenu comme leur ordre changent la réponse.

Pour le prouver, les chercheurs ont brouillé les pages données au modèle. Ils ont changé l'ordre des extraits, remplacé une marque par une autre, ou forcé le modèle à ne se servir que des extraits fournis. Pour les marques connues, la réponse finale n'a presque pas bougé. Les auteurs résument : à ce stade, l'IA « confirme ce qu'elle sait, elle ne découvre rien ». Pour les marques peu connues, le même test de mélange fait bouger le classement presque deux fois plus, avec 4,15 positions de décalage en moyenne contre 2,30 pour les marques connues. Le modèle se met alors à chercher réellement et à s'appuyer sur ce qu'il lit : c'est le mécanisme de grounding qui joue à plein.

Cette mémoire a toutefois un revers. 16 % des marques recommandées ne reposaient sur aucune page trouvée en ligne. Sur les recherches de SUV, 73 % des fois où Infiniti était cité, aucune page ne venait appuyer la réponse, contre 6 % pour Toyota. Autrement dit, l'IA recommande parfois de mémoire, sans preuve récente. Si votre marque n'est ni dans sa mémoire ni dans les pages qu'elle trouve, elle n'apparaît pas dans la réponse.

« C'est la meilleure nouvelle de l'étude pour les petits acteurs : sur les marques peu connues, les IA lisent vraiment les pages qu'elles trouvent. Chaque page facile à citer — une réponse directe, des faits sourcés, des informations bien structurées — pèse tout de suite sur la réponse. Une grande marque, elle, s'appuie surtout sur sa réputation déjà installée », analyse Nicolas Meridjen, fondateur de LightSpot.

Trois conséquences pour votre stratégie

Trois conséquences concrètes en découlent, de la plus importante à la moins importante :

  1. Mesurez votre visibilité dans les IA à part de votre SEO. Avec 4 à 15 % de sources en commun, votre position sur Google ne dit presque rien de votre présence dans les réponses de ChatGPT, Gemini ou Perplexity. La première étape consiste à faire le point sur ce terrain précis, car être visible sur ChatGPT, Gemini et Perplexity ne se lit pas dans la Search Console de Google. C'est le rôle du suivi des citations IA, qui pose vos questions cibles aux moteurs et relève qui est cité dans les réponses.
  2. Jouez sur les deux tableaux. D'un côté, être cité par des sites crédibles, qui rassemblent 46 à 65 % des citations : cette place se gagne avec des données originales, des études et un travail de relations presse. De l'autre, votre propre site capte les recherches d'achat, avec 52 à 68 % de citations de marque. Encore faut-il qu'il soit facile à citer : des réponses qui se suffisent à elles-mêmes, des informations complètes et bien structurées, des faits avec leur source.
  3. Gardez vos pages à jour. Les IA citent des contenus 40 à 70 % plus récents que Google : c'est une question de régularité. Mettez à jour vos pages importantes en affichant la date, publiez régulièrement, et rendez ces signaux de fraîcheur lisibles par les machines.

Si votre marque est un petit acteur plutôt qu'un leader, l'étude désigne précisément votre cas comme le plus sensible aux pages trouvées en ligne. Le travail d'optimisation porte alors ses fruits plus vite que pour les grandes marques déjà installées.

Le protocole de l'étude et ses limites

Ces chiffres reposent sur un protocole solide. Les chercheurs ont posé 1 000 questions de classement dans dix familles de produits, 200 comparaisons entre deux marques (100 marques connues, 100 marques de niche) et 300 questions sur l'électronique, triées selon l'intention. Ils les ont soumises à Google Search, GPT-4o, Claude (Sonnet 4.5), Gemini 2.5 Flash et Perplexity Sonar Pro, tous en mode recherche web. Chaque adresse citée est ramenée à son site, rangée par type de source et datée grâce aux informations contenues dans le code de la page. Pour mesurer les sources en commun avec Google, ils comparent les sites cités par chaque IA aux 10 premiers résultats de Google, au moyen d'un indicateur de sources communes appelé indice de Jaccard.

Trois limites restent à garder en tête avant de généraliser. D'abord, les questions sont en anglais et tournent autour de comparatifs de produits : les proportions peuvent être différentes en français, ou sur des questions d'information générale. Ensuite, les tests où l'on brouille les pages fournies n'ont porté que sur GPT-4o. Enfin, l'étude est une photo prise en janvier 2026, et la façon dont les IA vont chercher leurs sources change vite. Cela dit, le sens des résultats rejoint celui d'autres travaux sur le sujet, dont l'étude qui a fondé le GEO (Princeton/ACM SIGKDD 2024).

Que votre marque soit un grand nom ou un petit acteur, l'audit LightSpot passe gratuitement 46 points de contrôle sur 3 pages de votre site, en visibilité dans les IA comme en SEO. Vous obtenez une note sur 100 et les 3 corrections à faire en priorité.

FAQ

Que dit l'étude de l'Université de Toronto sur les citations des moteurs IA ?

Mise en ligne sur arXiv en janvier 2026, l'étude a testé 1 500 questions d'achat. Elle compare les sources citées par GPT-4o, Claude, Gemini et Perplexity avec les 10 premiers résultats de Google. Quatre constats : seulement 4 à 15 % de sources en commun avec Google, une nette préférence pour les articles de presse et les sites indépendants (46 à 65 % des citations), des contenus 40 à 70 % plus récents, et un poids important de ce que le modèle a déjà appris pendant son entraînement quand il s'agit de marques connues.

Être bien classé sur Google aide-t-il à être cité par ChatGPT ?

Presque pas, d'après cette étude. Sur les mêmes questions, les sites cités par GPT-4o et les 10 premiers résultats Google n'ont que 4 % en commun (11,1 % pour Gemini, 12,6 % pour Claude, 15,2 % pour Perplexity). Les IA ne se contentent pas de remettre les résultats de Google dans un autre ordre : elles vont chercher ailleurs, dans d'autres sources. Bien se classer sur Google reste utile, mais cela ne garantit plus d'apparaître dans les réponses des IA. Ce sont deux choses différentes, à suivre et à travailler chacune de son côté.

Quelles sources les moteurs IA citent-ils le plus ?

D'abord les articles de presse et les sites indépendants (magazines, comparateurs, sites d'avis) : ils représentent 65 % des citations de Claude, 57 % pour GPT-4o, 50 % pour Perplexity et 46 % pour Gemini, contre 41 % chez Google. Les forums et les réseaux sociaux, eux, sont presque absents des réponses des IA : 1 à 8 % seulement, contre 34 % chez Google. Enfin, les sites officiels des marques comptent beaucoup pour Gemini (46 %) et Perplexity (39 %), surtout quand la personne cherche à acheter.

Comment une marque peu connue peut-elle apparaître dans les réponses des IA ?

C'est justement pour les marques peu connues que les pages trouvées par l'IA comptent le plus. L'étude montre que, quand le modèle n'a presque rien appris sur une marque pendant son entraînement, il cherche pour de bon : sa réponse dépend alors directement des pages qu'il trouve. Pour les marques connues, au contraire, il confirme surtout ce qu'il sait déjà. Pour un petit acteur, trois leviers ont donc le plus d'effet : des pages faciles à citer (une réponse claire et directe, des informations bien structurées, des faits avec leur source), du contenu récent, et des mentions dans la presse et sur des sites indépendants.

Comment savoir si mon site est citable par les moteurs IA ?

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Portrait de Nicolas Meridjen, Fondateur de LightSpot.ai — outil d'audit de visibilité IA (46 critères SEO + GEO)

Nicolas Meridjen

Fondateur de LightSpot.ai — outil d'audit de visibilité IA (46 critères SEO + GEO)

Je construis LightSpot.ai et j'analyse comment les moteurs de recherche IA (ChatGPT, Perplexity, Google AI Overviews) choisissent les sources qu'ils citent. J'écris sur le GEO et le SEO à partir de données d'audit réelles.